Nom
familier :
Cap lopez (nom du lieu où il a
été découvert)
Origine :
Mares et ruisseaux calmes et peu
profonds du Gabon près de Cap Lopez, mais pas
uniquement.
Famille :
Cyprinodontidés
Description : Poisson élancé dont la nageoire caudale
est en forme de lyre. Sa couleur est une multitude de points et
lignes rouges et de reflets bleus, le tout sur une base plutôt
brune. Une variété d'élevage : orange-doré a été
sélectionnée.
Taille :
de 5,5 à 6 cm
Pour lui
plaire :
A ce niveau, il faut vous donner
quelques éclaircissements sur cette espèce un peu
différente.
Notre « Cap
lopez » fait partie d'une famille qui a été baptisée :
« killi ».
Les « killi »
sont des poissons particuliers, ils sont conservés pour leur
beauté, mais aussi pour leur mode de vie hors norme. Les amateurs
appelés : « killiphiles » sont souvent adhérents
d'un club spécialisé dans lequel ils peuvent apprendre, comparer,
et échanger des souches différentes.
Alors ? me
direz-vous, qu'a-t-il de spécial ce
poisson ?
Et bien, si les couleurs
et les formes lui sont déjà un atout, c'est essentiellement son
mode de vie qui a interpellé des aquariophiles.
Cette famille vit dans la
nature dans des mares ou des ruisseaux africains qui à la saison
sèche ont grande chance de s'assécher partiellement ou totalement.
Nos poissons ont donc une espérance de vie très courte. Certains
sont appelés « annuels » et comme ce nom l'indique bien,
ils ne vivent qu'un an.
Explications : C'est
la période fraîche et humide, nos poissons vivent dans leurs coins
d'eau, ils se nourrissent, puis s'accouplent rapidement, les
œufs sont pondus et enfouis dans la vase. La saison chaude et
sèche arrive, certains ruisseaux et mares s'assèchent
totalement ; tous les poissons meurent. Les œufs dont la
coquille est exceptionnellement résistante sont conservés dans la
boue humide dont la surface se durcit. Le temps passe et plus rien
ne semble vivant. Et pourtant au retour de la saison des pluies,
les œufs à nouveau en contact avec l'eau vont éclore et le
cycle reprendra. Dans certaines régions les ruisseaux ne se
tarissent pas complètement, et nos poissons peuvent survivre 1 ou 2
ans, ce qui semble être le maximum pour ces espèces, même en
aquarium où les conditions optimales leur sont
apportées.
Bon ! Quel intérêt
pour un aquariophile ?
Imaginez, vos
« killi » pondent, comme la coquille est résistante, vous
pouvez récupérer plus facilement les œufs et les conserver
dans de la tourbe juste humide. Le tout mis dans un paquet
« poste » solide, et vous pouvez échanger vos souches
dans le monde entier. Une fois la boîte reçue à destination, on
remet les œufs dans l'eau et Hop !!! de nouveaux
poissons vont naître !!!
Tout ça pour vous expliquer que
ces poissons ne sont pas conservés comme les autres, la maintenance
en bac d'ensemble n'est pas à ma connaissance souhaitable, c'est
une espèce qui est conservée par couples dans de petits bacs de
quelques litres. Il n'apprécient guère la lumière, et préfèrent un
éclairage tamisé, l'eau sera douce : quelques degrés de TH, un
PH entre 6 et 7, et la température sera maintenue autour de 22°,
au-delà c'est le signe de chaleur et de mort imminente, le fond ne
sera pas recouvert de gravier, mais de tourbe
rincée.
Comportement :
Pas grand-chose à rajouter,
c'est un poisson calme et peu actif, mais attention : c'est un
bon sauteur, dans la nature quand l'eau vient à manquer, il
n'hésite pas à sauter pour atteindre un autre point mieux fourni en
eau. Le « cap lopez » adulte est carnassier, par
conséquent sa nourriture sera composée de différentes proies
vivantes ou congelées. Les flocons ou granulés traditionnels seront
boudés....
Reproduction : Je vous en déjà dit
l'essentiel, mâle et femelle s'accouplent, et cette dernière pond
soit dans la mousse de java, soit dans un écheveau de laine
synthétique disposé à cet effet, ou soit directement dans la
tourbe. La ponte se compose de 50 à 100 œufs de 1 mm environ,
qui incubent en 15 jours dans des conditions favorables. Il est
préférable de retirer les œufs morts (translucides) pour
éviter la moisissure. L'éclosion peut également être déclenchée par
une légère augmentation du taux de gaz carbonique. Normalement, si
les parents sont biens alimentés, les alevins seront ignorés, mais
dans le doute, on récupère les œufs qui seront mis à éclore
dans un bac à part. A leur naissance, les alevins doivent baigner
dans une soupe de plancton d'étang, d'infusoire puis de nauplies
d'artémias pour leur assurer une alimentation suffisante et
correcte.
Conclusions :
Pour ceux qui ne connaissaient
pas, j'ai donc le plaisir de vous faire découvrir une autre facette
de l'aquariophilie. Cela diffère de ce que nous connaissons
habituellement, les passionnés se spécialisent souvent dans cette
activité, et le nombre de leurs petits bacs peut paraître
impressionnant, mais chaque espèce ou sous-espèce doit être
conservée séparément, car les véritables « amateurs »
dans le sens noble du terme, seront respectueux de la nature et
éviteront d'hybrider certaines espèces qui naturellement dans la
nature ne se mélangent pas.
Petites notes
« Perso » :
Je n'ai jamais essayé, pourtant
cela me tenterait bien, pas en faire une spécialité, mais juste
pour le plaisir en plus des bacs traditionnels.
J'ai gardé pour la fin le petit « HIC » de l'affaire, car
il en faut bien un : ces poissons ne se trouvent pas
facilement dans les commerces aquariophiles, il faut connaître un
passionné du genre, ou prendre contact avec la fédération
nationale : Killi club de France.
Merci de me
laisser vos impressions en écrivant un petit commentaire, cela
serait sympa....
Bien amicalement à
vous toutes et tous et très bonnes
vacances.
PANGIO

Bibliographie : Aquarium magazine 1985
n°4